06 juillet 2026 – Alors que certaines entreprises ukrainiennes luttent pour leur survie, d’autres explorent silencieusement de nouveaux marchés. Et elles ne le font pas les mains vides, mais avec un produit spécifique dont le consommateur européen a besoin. Interpipe, l’un des géants industriels ukrainiens, a fabriqué le premier lot de roues pour passagers et locomotives pour un opérateur ferroviaire grec. Il s’agit de diamètres de 750 et 1016 mm – et ce n’est pas un produit de série, mais une commande personnalisée.
Pour les investisseurs internationaux et les acheteurs européens, ce contrat démontre que l’industrie ukrainienne reste compétitive même en temps de guerre. C’est un signal clair que les fabricants ukrainiens peuvent fournir des produits de haute qualité et personnalisés aux marchés européens exigeants.
L’accord a été annoncé sur la page Facebook du fabricant ukrainien. Pour l’entreprise, ce n’est pas qu’un contrat de plus, mais une démonstration de capacités : nous pouvons fabriquer des produits ferroviaires complexes selon des exigences spécifiques, même en petites séries. Et c’est exactement ce qui est valorisé en Europe.
Pourquoi la Grèce, et quel est le rapport avec la flexibilité ukrainienne ?
Le marché ferroviaire grec, comme beaucoup de marchés européens, vit en mode de changement constant. Les exigences relatives aux paires de roues, à la conception, aux diamètres – tout cela peut être ajusté en fonction des besoins actuels de l’opérateur. Dans cette situation, les solutions standard ne fonctionnent pas toujours. C’est là qu’Interpipe entre en scène avec sa volonté de produire des produits de niche, même en petites séries.
Comme l’a expliqué Niklas Ericson, directeur commercial senior pour les produits ferroviaires sur le marché européen, l’entreprise est présente depuis longtemps sur le marché grec par l’intermédiaire d’un partenaire local – le distributeur Artemi.
« Au fil des années de coopération, nous avons construit des relations solides, ce qui nous a permis de nous imposer avec confiance sur le marché local du matériel roulant », a cité le service de presse.
En fait, Interpipe utilise une stratégie éprouvée : entrer sur le marché par l’intermédiaire d’un distributeur local qui connaît les spécificités locales. Et ensuite seulement – travailler avec le client final. Dans ce cas, l’opérateur ferroviaire grec.
Quoi d’autre que des roues ?
Les roues elles-mêmes ne sont que la pointe de l’iceberg. Dans le cadre d’un contrat à long terme, Interpipe prévoit de fournir 10 types de roues ferroviaires à l’opérateur grec. Elles seront utilisées non seulement pour les wagons de passagers et de fret, mais aussi pour les locomotives. De plus, début juillet, 5 types ont déjà été expédiés. Le processus est donc sur les rails.
Ce n’est pas la première expérience de l’entreprise sur le marché européen. Auparavant, Interpipe avait annoncé sa volonté de créer une zone industrielle commune avec la Roumanie pour renforcer l’intégration avec l’UE. L’idée est ambitieuse : non seulement fournir des produits, mais s’intégrer dans la chaîne de production européenne. Le contrat grec en est un bon exemple.
Chiffres et faits sur Interpipe
Pour ceux qui ne le savent pas : « Interpipe » n’est pas qu’une usine de tubes. C’est un groupe industriel avec six actifs, dont le complexe électrométallurgique Dneproprostal et une usine de tubes en Roumanie, Interpipe Roman. Le nombre total d’employés est d’environ 9 500 personnes. Les produits sont livrés dans plus de 70 pays à travers le monde via un réseau de bureaux commerciaux au Moyen-Orient, en Amérique du Nord et en Europe.
En d’autres termes, c’est un acteur majeur qui, ces dernières années, s’est résolument tourné vers le marché européen. La Grèce n’est pas la destination finale, mais l’une des étapes.
Ce que cela signifie pour l’Ukraine
L’histoire des roues grecques est, en substance, une histoire sur la façon dont les entreprises ukrainiennes peuvent concurrencer en Europe. Pas par le dumping, mais par la qualité et la flexibilité. Interpipe n’essaie pas de vendre des tonnes de produits standard. Elle propose des solutions de niche pour des clients spécifiques. Et ça fonctionne.

En temps de guerre, lorsque la logistique est perturbée et que la production est constamment confrontée à des défis, ces contrats ne sont pas que des affaires. Ce sont des signaux : le fabricant ukrainien est vivant, compétitif et prêt à travailler avec l’Europe sur un pied d’égalité.
Si cette histoire aura une suite dépend de la rapidité avec laquelle l’Europe est prête à remplacer ses chaînes d’approvisionnement traditionnelles par des chaînes ukrainiennes. Mais le premier pas a été fait. Et, apparemment, pas le dernier.
