Kyiv, 24 septembre 2021. Le marché du travail ukrainien montre des signes de reprise après la crise induite par la pandémie. Selon le Service national des statistiques, le nombre de chômeurs dans le pays au deuxième trimestre 2021 a diminué pour atteindre 1,6 million de personnes, soit 200 000 de moins que le trimestre précédent. Le taux de chômage parmi la population âgée de 15 à 70 ans est passé de 10,5 % à 9,3 %.
Chiffres clés du rapport statistique
L’enquête sur la main-d’œuvre, dont les résultats sont rapportés par RBC-Ukraine, montre une dynamique positive pour les principaux indicateurs :
- Population active occupée (15-70 ans) : 15,8 millions de personnes.
- Population au chômage (15-70 ans) : 1,6 million de personnes (contre 1,8 million au T1).
- Taux d’emploi de la population âgée de 15 à 70 ans : 56,2 %.
- Taux de chômage (15-70 ans) : 9,3 % (contre 10,5 % au T1).
Ces données indiquent que la reprise de l’activité économique après la levée des strictes restrictions sanitaires au printemps a conduit à la création de nouveaux emplois et au retour au travail d’une partie de la population.

Contexte : Prévisions de la Banque nationale et dynamique globale
Les statistiques positives du T2 correspondent globalement aux prévisions du régulateur. Comme la Banque nationale d’Ukraine (BNU) l’avait noté en juillet, la situation sur le marché du travail s’améliore. À l’époque, le régulateur avait actualisé ses prévisions, maintenant ses attentes pour le taux de chômage 2021 à 9,1 %.
La prévision de la BNU pour les années à venir suggère également une amélioration progressive :
- 2022 : le taux de chômage est projeté à 8,5 %.
- 2023 : la prévision a été améliorée de 8,5 % à 8,4 %.
Ainsi, les données statistiques actuelles ne font pas que confirmer la tendance à la baisse du chômage, elles inspirent également un optimisme prudent quant à la réalisation des prévisions annuelles.
Analyse des causes et durabilité de la tendance
La baisse du taux de chômage au T2 2021 peut s’expliquer par plusieurs facteurs interdépendants :
- Facteur saisonnier. Le deuxième trimestre est traditionnellement caractérisé par une activité économique accrue dans des secteurs tels que l’agriculture, la construction et le tourisme.
- Assouplissement des restrictions. La levée progressive des restrictions strictes au printemps 2021 a permis à de nombreuses entreprises des services, du commerce de détail et de la restauration, les plus touchées par les confinements, de reprendre leurs activités.
- Adaptation des entreprises. Les entreprises ayant survécu à la période la plus difficile ont adapté leurs modèles économiques (par exemple, développement du commerce en ligne, de la livraison), ce qui a également nécessité du personnel supplémentaire.
La durabilité de cette tendance reste la principale question. Les économistes soulignent qu’une partie des emplois « récupérés » reste vulnérable et que la reprise dans certains secteurs (par exemple, le tourisme international, les loisirs) est plus lente. De plus, des problèmes structurels du marché du travail persistent, tels que l’inadéquation entre les compétences des demandeurs d’emploi et les exigences des employeurs.
Ce que cela signifie pour l’économie et la population
La baisse du chômage est certes un signal positif aux conséquences multiples :
- Augmentation des revenus des ménages : L’augmentation du nombre de citoyens actifs entraîne une hausse des revenus agrégés des ménages, ce qui peut stimuler la demande des consommateurs et la reprise économique.
- Réduction de la pression sur le budget de l’État : Un nombre moindre de chômeurs signifie une baisse des dépenses en allocations et programmes sociaux.
- Renforcement de la confiance : L’amélioration de la situation sur le marché du travail renforce la confiance des consommateurs et des entreprises, ce qui est important pour les investissements à long terme.
Pour les entreprises françaises et européennes, ce retour à la normale du marché du travail ukrainien est un indicateur de la reprise du pouvoir d’achat local, potentiellement porteur pour les exportations et les investissements dans un pays partenaire de l’Accord d’association avec l’UE.
Optimisme prudent face aux défis
Les données du Service national des statistiques pour le T2 2021 permettent de conclure au début d’une phase de reprise du marché du travail. La réduction du taux de chômage à 9,3 % et du nombre de chômeurs à 1,6 million de personnes est une étape importante pour surmonter les conséquences de la crise pandémique.

Cependant, il est trop tôt pour parler de victoire totale. Le marché du travail reste sous la pression de facteurs à la fois conjoncturels et structurels. L’évolution future dépendra du rythme de vaccination, de l’absence de nouveaux confinements stricts, de la capacité des entreprises à préserver les emplois créés et de l’efficacité des programmes gouvernementaux de reconversion. La tendance actuelle justifie un optimisme prudent, mais nécessite la poursuite d’une politique économique équilibrée visant à soutenir l’emploi.
