Le géant technologique chinois Xiaomi s’est considérablement rapproché de la mise en œuvre pratique du concept de « fabrication sans lumière » (usine entièrement automatisée). Hier, l’entreprise a publié les résultats de tests de ses propres robots humanoïdes dans une usine de véhicules électriques, démontrant que l’automatisation industrielle est prête à passer à un niveau qualitativement nouveau.
Pour le secteur technologique et la communauté d’investissement en France et au Canada, ce test marque un moment charnière, signalant que les systèmes autonomes mûrissent plus vite que prévu et sont prêts à transformer les chaînes d’approvisionnement traditionnelles et les modèles de travail dans l’industrie.
Le PDG de Xiaomi, Lei Jun, a confirmé dans une déclaration officielle que lors de la phase de test, les robots ont fonctionné de manière autonome pendant trois heures, effectuant des opérations d’assemblage complexes sans aucune intervention humaine. C’est le premier cas documenté d’un fonctionnement continu aussi prolongé de robots humanoïdes industriels dans un environnement d’usine réel, par opposition à un cadre de laboratoire.
Chiffres : 90,2 % d’efficacité avec un cycle de 76 secondes par voiture
Selon les données publiées par le South China Morning Post, les tests ont été menés sur une chaîne de montage active. Les robots étaient chargés d’installer des fixations dans les planchers des véhicules. L’indicateur de performance clé — le taux de réussite de l’installation simultanée des deux côtés — a atteint 90,2 % dans un cycle de production de 76 secondes par véhicule.
La société a noté que les principaux défis comprenaient la nécessité d’un alignement de précision avec les broches de positionnement, la gestion de différentes conceptions d’encoches d’écrous et la compensation des champs magnétiques pouvant affecter la stabilité de la préhension. Au-delà de la fixation, les robots ont également effectué avec succès des tâches auxiliaires : retirer les films de protection, apposer les emblèmes de la marque et déplacer des conteneurs de matériaux.
Fondement technologique : vision tactile et modèles multimodaux
D’un point de vue technique, l’architecture de contrôle présente le plus grand intérêt. Les robots fonctionnent sur la base d’un modèle d’ajustement fin tactile appelé TacRefineNet. Une caractéristique clé est l’exécution d’opérations basées sur le retour tactile, sans recourir à la vision par ordinateur ou à des modèles 3D d’objets. Cela représente une approche fondamentalement différente pour garantir la précision de l’assemblage.
Simultanément, un système vision-langage-action (VLA) est utilisé pour interpréter les tâches de production et générer des séquences d’actions. Essentiellement, le robot n’exécute pas simplement un programme pré-établi ; il « comprend » le contexte de la tâche et adapte ses actions en conséquence, ce qui est essentiel pour gérer les situations non standard.
Perspectives stratégiques : cinq ans avant le déploiement industriel
Commentant les résultats des tests, Lei Jun a souligné que « c’est la première étape vers l’application stable des robots humanoïdes de Xiaomi dans le domaine de la fabrication intelligente ». À moyen terme, au cours des cinq prochaines années, l’entreprise prévoit de déployer un nombre important de ces robots dans ses propres usines. Bien que les quantités spécifiques et les calendriers d’investissement ne soient pas divulgués, l’orientation stratégique est claire : une transition des démonstrations en laboratoire à la mise en œuvre à l’échelle industrielle.
Il convient de noter que cette annonce intervient dans un contexte d’activité plus large dans le secteur de la robotique humanoïde en Chine. Des sources industrielles rapportent que rien que cette semaine, au moins deux entreprises spécialisées ont annoncé la conclusion de grandes levées de fonds : Galbot a sécurisé environ 363 millions de dollars (environ 314 millions d’euros / 523 millions de dollars canadiens)*, et Noetix Robotics a levé environ 145 millions de dollars (environ 125 millions d’euros / 209 millions de dollars canadiens)* avec la participation d’une entité affiliée au géant des batteries Contemporary Amperex Technology Ltd. (CATL).
Les robots Xiaomi assemblent eux-mêmes des voitures – Vidéo
La vidéo ci-dessous montre comment les robots humanoïdes de Xiaomi assemblent des véhicules de la même marque. Nous vous la présentons.
Comme vous pouvez le voir, ils travaillent sans pauses-café, sans discussions sur le match d’hier et sans aucune interruption.
Évaluation et conclusions
Pour la communauté professionnelle, les résultats des tests marquent une étape importante dans l’évolution des technologies de fabrication. Le taux de réussite de 90,2 % lors d’un fonctionnement autonome prolongé indique que la robotique humanoïde atteint le seuil de viabilité industrielle. Bien que les usines entièrement sans personnel soient encore un objectif lointain, ce sont précisément ces projets d’intégration sur des lignes actives qui permettent l’accumulation de données et le perfectionnement algorithmique.

Pour les entreprises axées sur les industries de haute technologie et la coopération internationale, c’est un signal clair pour surveiller de près le développement des technologies d’assemblage autonome. L’expérience de Xiaomi démontre que le matériel et l’intelligence artificielle sont désormais capables d’assurer des fonctions nécessitant une grande précision et une sensibilité tactile, ce qui va inévitablement remodeler la structure de la valeur ajoutée dans l’industrie dans un avenir proche.
*Remarque : Pour faciliter le calcul, des taux de change approximatifs au 6 mars 2026 ont été utilisés : 1 USD = 43,81 UAH, 0,865 EUR, 1,44 CAD. Tous les montants dans les autres devises sont approximatifs et fournis à titre indicatif uniquement. Pour les taux actuels, veuillez vous référer aux sources officielles ou utiliser ce convertisseur de devises.
