Afin d’améliorer le climat des investissements, l’Administration du président Leonid Koutchma a décidé de demander directement leur avis aux hommes d’affaires étrangers. Un questionnaire spécial a été publié sur le site officiel du chef de l’État, permettant aux investisseurs de pointer les principaux problèmes et de proposer des mesures pour améliorer les conditions d’activité en Ukraine.
Les autorités ukrainiennes semblent avoir compris que les meilleurs conseils pour attirer les investissements ne viennent pas des fonctionnaires locaux, mais des investisseurs eux-mêmes. Dans le cadre des préparatifs de la prochaine réunion du Conseil consultatif pour les investissements étrangers auprès de l’Administration présidentielle, un outil inhabituel a été lancé – un sondage en ligne des entrepreneurs étrangers sur le site du président Leonid Koutchma.
Que demande-t-on aux investisseurs ?
Le questionnaire s’adresse aussi bien à ceux qui ont déjà investi dans l’économie ukrainienne qu’à ceux qui n’envisagent qu’une telle possibilité. Les questions sont formulées pour identifier les obstacles réels, et non hypothétiques :
- Principaux problèmes entravant l’activité d’investissement en Ukraine.
- Difficultés concrètes rencontrées par les entreprises.
- Informations sur les projets d’investissement prévus ou en cours.
- Propositions de mesures qui pourraient améliorer les conditions d’investissement.
Il s’agit essentiellement d’une invitation à exprimer tous les griefs accumulés à l’encontre du système fiscal et douanier, de la bureaucratie et de l’application des lois, en contournant l’échelle bureaucratique à plusieurs niveaux.
« Les résultats du sondage permettront d’améliorer sensiblement l’efficacité de la préparation et de la mise en œuvre de la politique d’investissement de l’État »,
note l’Administration présidentielle.
Objectif : pas seulement la collecte de données, mais le dialogue et les capitaux
Le communiqué officiel énonce clairement les objectifs. Outre l’amélioration de la politique d’investissement, le sondage vise à :
- Approfondir le dialogue entre les investisseurs étrangers et les organismes étatiques ukrainiens.
- Faciliter l’augmentation des entrées de capitaux étrangers dans l’économie ukrainienne.
Ainsi, le questionnaire est non seulement une étape de recherche, mais aussi une démarche d’image, destinée à montrer que les autorités ukrainiennes sont prêtes à écouter, et peut-être même à entendre, le monde des affaires.
Scepticisme contre optimisme : le jeu en vaut-il la chandelle ?
Pour un investisseur étranger confronté depuis des années à la corruption, au raideriat et à l’imprévisibilité des tribunaux, un tel questionnaire peut sembler n’être qu’une formalité de plus. L’histoire regorge d’exemples où de belles initiatives « venues d’en haut » se sont brisées sur le mur de l’inaction bureaucratique « en bas ».
D’un autre côté, le simple fait qu’un tel outil apparaisse au plus haut niveau témoigne d’une reconnaissance du problème. Si les plaintes et propositions recueillies ne finissent pas au fond d’un tiroir, mais servent de base à des décisions concrètes, à des changements législatifs et – ce qui est important – à des remaniements du personnel dans les organes de régulation, cela pourrait constituer un petit pas en avant, mais réel.
Et ensuite ?
La question principale est maintenant de savoir à quel point l’Administration présidentielle prendra les résultats au sérieux. Ce sondage sera-t-il une action ponctuelle « pour faire bonne figure » avant la réunion du Conseil consultatif, ou le début d’un travail systématique pour supprimer les barrières dont le monde des affaires se plaint depuis longtemps ?

Les fonctionnaires ukrainiens responsables de l’économie devraient se préparer : si les investisseurs étrangers saisissent vraiment l’occasion de s’exprimer, leur évaluation franche pourrait être très sévère. Mais c’est précisément ce type de conversation, sans fard, qui est nécessaire pour que le climat d’investissement en Ukraine cesse enfin d’être un sujet de plaisanteries amères et devienne un avantage concurrentiel.
